Dans
la nuit du 14
au 15 avril
1943, le Bomber
Command lança un raid de
462 appareils sur Stuttgart.
Au retour, la route des bombardiers
passait un peu au sud de Reims.
L'un des appareils engagés était
le Halifax
Mk II Series 1, serial
JB 909 du No. 408
(R.C.A.F.)
Sqn.
basé à Leeming.
L'avion portait le code EQ G
sur le fuselage et à son bord
se trouvait 8 membres d'équipage
:
P/O.
Ian C. Mackenzie (pilote,
R.A.A.F.),
F/O.
A. Playfair (navigateur),
Sgt.
T. J. Coupland (bombardier),
Sgt.
L. W. McKenzie (mécanicien
navigant, R.C.A.F.),
P/O.
C. O'Connell (opérateur
radio, R.A.A.F.),
P/O.
W. A. McIlroy (mitrailleur),
F/Sgt.
J. S. Murray (mitrailleur,
R.C.A.F.),
Sgt.
Wilfred L. Canter (pilote,
R.C.A.F.).
Wilfred
Canter ne faisait pas
normalement partie de l'équipage
de Ian Mackenzie. Il
venait d'arriver au No. 408
Sqn. et effectuait, comme
c'était l'habitude, deux opérations
avec un équipage plus ancien
pour acquérir de l'expérience.
L'attaque sur Stuttgart
était sa deuxième sortie opérationnelle.
Le
Halifax
JB 909 décolla de
Leeming
à 21 h
51 avec 10 minutes de
retard sur son horaire du fait
d'un problème de radio. En mettant
des gaz, Mackenzie réussit
à arriver dans les temps au-dessus
de Stuttgart
qui fut bombardé probablement
vers 1
h 20 depuis une altitude
de 16000 ft. Le vol retour se
passa sans incident jusqu'à
ce que le bombardier soit surpris
par un chasseur de nuit à 16000
ft. au-dessus de Reims.
L'Allemand
attaqua par l'arrière et au-dessus
sans que les mitrailleurs ne
détectent sa présence. En un
instant, tout l'arrière du fuselage
s'enflamma et l'intercom avec
les 2 mitrailleurs et l'opérateur
radio fut coupé (Canter
déclara plus tard qu'il pensait
que tous les trois avaient été
tués par le tir du chasseur
; ils purent en fait sauter
en parachute).
Canter
et le mécanicien navigant essayèrent
sans succès d'éteindre l'incendie,
puis Mackenzie donna
l'ordre d'évacuation. Utilisant
la trappe avant, le bombardier
sauta en premier, suivi du navigateur
et de Canter. A ce moment,
Mackenzie éprouvait de
grandes difficultés à contrôler
l'avion en perdition et, avec
le mécanicien, il se préparait
à évacuer lui aussi. Wilfred
Canter rapporta avoir
sauté à 8-10000 ft. Il vit le
Halifax
descendre en léger virage, se
stabiliser et voler à l'horizontal
pendant quelques instants, puis
piquer vers le sol où il s'écrasa
avant d'exploser. Canter
se cassa la jambe en atterrissant
dans un champ au NO de Reims.
Dans
la journée du 15,
il put parler à deux femmes
qui repassèrent plus tard lui
apporter des vêtements civils.
Des hommes vinrent ensuite le
chercher et il fut conduit à
Reims
où il resta quelques jours avant
d'être pris en charge par un
réseau d'évasion. Il arriva
en Angleterre
via Gibraltar
à la fin juin
1943. D'après lui, le
Halifax fut abattu vers
3 h 30,
mais l'heure de 3
h 15 donnée par une autre
source parait plus vraisemblable.
Au
total, 23 bombardiers anglais
ont été abattus cette nuit-là,
dont au moins 4 dans le secteur
Châlons-sur-Marne
/ Reims
/ Epernay
:
le
Stirling
E du No. 7
Sqn.,
le
Halifax
Y du No. 10
Sqn.,
le
Stirling
H du No. 214
Sqn.
et
le Halifax
EQ G.
Tout
mes remerciements vont à
M. Philippe GRAVEZ
pour m'avoir transmis cet
historique & donner l'autorisation
de le publier ici. Tout droits
réservés.
|